Rechercher
  • Ermelinda Ennas

L’art de réparer les blessures

Mis à jour : juin 15

A la rencontre de Véronique Mooser, Art-Thérapeute, artiste et spécialisée dans le Kintsugi  (art ancestral japonais dédié à la réparation de céramiques ou porcelaines brisées à l’aide de laque et de poudre d’or). Voilà dix-sept ans que Véronique Mooser, ancienne laborantine en chimie, a choisi de se dédier à l’Art-thérapie, afin d’accompagner les gens dans un travail de réparation des blessures. Elle-même artiste autodidacte, elle a toujours aimé travailler la céramique et la porcelaine en Raku, dont la fragilité aboutissait souvent à une cassure qu’elle se plaisait à réparer avec de la feuille d’or. A l’époque, elle pratiquait donc déjà instinctivement une forme de Kintsugi, cet art ancestral japonais auquel elle s’est formée par la suite et qui est au coeur de sa pratique d’Art-thérapeute. A ses yeux, le Kintsugi, qui est né au XVIe siècle au Japon -alors que les Samouraïs se battaient moins et s’étaient rapprochés des Arts- est très représentatif de l’Art-thérapie. Tout comme le Samouraï dévoile ses cicatrices en signe de bravoure, le Kintsugi offre un moyen de magnifier ses blessures. Le temps d’une interview, elle nous raconte son cheminement passionnant et ses projets en cours de création… Pourriez-vous décrire votre domaine d’activité? L’Art-thérapie est un accompagnement utilisant la création pour permettre à l’âme, au corps et au coeur de s’exprimer. Les émotions qui nous envahissement viennent de quelque part et il est bon de les libérer. Peu importe la pratique créative utilisée, le but n’est pas de faire quelque chose de beau, mais d’utiliser ses mains. Il n’y a aucun travail d’interprétation sur l’oeuvre, mais des questions utiles à l’accueil : « as-tu vu que ton soleil est bleu? ». Ma spécialisation, ce sont les grosses cassures: accueil dans les suicides, les décès, dépressions, que j’accompagne au mieux entre autre grâce au Kintsugi. Qu’est ce qui vous a donné l’envie de vous lancer dans ce domaine? L’envie de me lancer dans le domaine de l’accompagnement remonte à loin. J’avais 8 ans et je voulais sauver Liz Taylor qui était alors en cure de désintoxication. J’ai par la suite essayé de sauver le monde ; j’ai eu envie de sauver mon mari qui était atteint de myopathie et maintenant décédé, mais en me formant à l’Art-thérapie, j’ai compris que celle que je devais sauver c’était moi. Lorsque j’accompagne, je le fais avec toute mon expérience, qu’elle soit professionnelle ou privée. J’ai testé l’art-thérapie sur moi (recueil de poèmes « pastels de ciels » ed. Soleil Blanc) et j’essaye d’être cohérente, d’incarner ce que je propose aux autres. C’est essentiel pour moi. A qui s’adressent vos services? A tous. L’Art-thérapie s’adresse aux enfants, aux adolescents et aux adultes. Je travaille également avec des autistes, des enfants ayant des difficultés et des adultes en cassure ou qui ont simplement besoin de se retrouver. Qu’avez-vous à coeur de transmettre aux personnes faisant appel à vos services? Je crois que je ne transmets rien, mais j’accueille. Je reçois des larmes. Je peux entendre. Ce qui est important c’est d’accueillir et ce que je peux offrir, c’est ma bienveillance. Parfois je peux également partager, parler de ma vie pour voir qu’on peut faire d’une cassure quelque chose de beau. Si nous devions retenir une chose de votre approche quelle serait-elle?
 L’accueil! Je pense que c’est le béaba de mon travail. Accueillir permet aux gens d’accueillir ce qui se passe en eux. Les derniers tips avant de se quitter et quelques mots sur le Japon… Véronique Mooser organisera un groupe de Kintsugi thérapeutique cet automne. Vous en saurez plus via sa page Facebook « le monde de vmaoo » et sur son site www.vmaoo.ch. Initialement, Véronique Mooser n’avait pas d’attirance pour le Japon, mais pour la Chine. Elle a découvert le Kintsugi lors d’une conférence sur le parfum et s’est plongée dans la philosophie wabi-sabi (la beauté de ce qui est utilisé). A travers cette philosophie, elle a découvert la richesse du Japon. Un Japon qui ne se dévoile pas facilement, mais qu’il faut aller « chercher » selon un principe simple : « Si je dois savoir, je saurais. Personne ne peut me montrer le chemin car chaque chemin est unique ».

Cabinet kintsugi Route des Oches 1 1608 Chapelle-sur-Oron https://vmaoo.ch/ @vmaoo@vmaoo.ch



#art #thérapie #kintsugi




53 vues
 

©2020 par Filé d'or. Créé avec Wix.com